30.04.2009

On se fait virer d’un bar en même temps qu’il ferme

Comme tant de soirs, les autres ils sont à leur place, ils kiffent. Et nous on est obligés de se rabattre sur les embrouilles et la baston.

Ca finit devant l’établissement dans une apocalyspe de gyrophares, de mentons sortis, de grosses mains qui serrent des gros avant-bras « tu dis à ton pote qu’y s’calme !» y en a au moins cinq exemplaires par minutes des injonctions comme ça… C’est darwinien c 'est célinien c’est houellebecquien que je me répète la tête dans les mains en fixant la flaque de vomi. Ca tourne évidemment au scandale public à force de monter en pression ces histoires, y a le gros huileux qui ressemble à Farès dans Rabbi Jacob qui se déboutonne furieux pour aller taper Gyom « lui je l’encule ! je lui mets ses fesses ! » y a une inélégance de fin de soirée, en plus y a la Lara Croft avec le bouclé toutes langues sorties, ils entendent rien eux, c’est pas leur problème. C’est vraiment trop darwinien et célinien pour moi alors j’essaie de me barrer mais les pompiers me disent de « gérer le connard bourré » à savoir Gyom qui invective toute la populace comme un prophète d’apocalypse, il a trop regardé « Les Nerfs à Vif » de Scorcese c’est ça son problème. Il leur fait le passage de Silésius. Il sait pas s’arrêter c’est toujours comme ça. Y a les pans de sa gabardine qui s’envolent de partout au gré de ses moulinets de bras prédicateurs « tu veux tester mon humanité ? » qu’il braille avec une voix débraillée. Face aux gens furieux contre lui à cause de la bouteille volée il récite encore quelques machins dont des passages du film « Les Princes de la Ville » et puis enfin il se soumet à un mouvement de repli, et on finit au Ravindher le bazar indien ouvert la nuit, à parler avec des ex-gardiens de nuit de plateforme pétrolière de mer Baltique dans une ambiance de posters de danseurs de bollywood. On s’endort sous un porche d’immeuble haussmanien ou y a écrit au fronton une phrase en latin dont on ignore le sens passkon a pas fait nos « humanités » dixit le père de Céline dans Mort à Crédit.

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27.04.2009

Giselle

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Dans une impasse (Paris été 2008)

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Depuis 8 mois que je suis à Paris je ne connais personne, je ne vois personne, les seuls gens que je côtoie c’est au travail. Quand parfois on boit un verre le soir après le travail toujours je fais attention à ce que je dis, car tout est répété, jugé, moqué après coup… J’ai envie de parler de choses fines, de littérature, de peinture, de dandysme dans le milieu du Jazz à la Nouvelle-Orléans dans les années 30 et de trucs bien compliqués, de discussions passionnés avec des puristes qui tapent du poing sur la table en gueulant « Oui mais vous vulgarisez ! vous vulgarisez ! », j’ai envie d’apprendre des trucs… Rien, il n’y a rien de rien. Depuis 4 mois ma vie c’est bouffer-travailler-dormir, et le soir quand je vais acheter mon diner au supermarché de la rue de Bretagne partout il y a ces tristes pédés riches et ces jeunes filles en legging noir qui se tiennent a distance de tout. J’évite de sortir pour marcher seul en écoutant de la musique, car j’ai envie de me battre à chaque coin de rue : leur éclater la gueule sans prévenir comme ça comme un forcené, tellement ils dégueulassent le paysage. Rue Vieille du Temple je crache un gros molard sur la vitrine de American Apparel, j’ai appris leur opération « legalize LA ». Puis, rue Béranger je renverse une poubelle pleine de vieille bouffe, de clopes et de jus puant dans l’entrée du journal Libération, et m’enfuis vite parce que je bosse et que je veux pas d’emmerdes. Mon quartier est sympa. Résumons : le bar La Perle, le backroom The Glove, le magasin Tom Of Finland, les galeries d’art, le journal Libération, les boutiques prétentieuses de fringues hors de prix, le American Apparel, la radio Skyrock. Et bientôt Tf1 et la Star Académy.

La trompeuse abondance de femmes blanches en âge de procréer que l’on croise dans les rues laisse croire que la réserve est inépuisable, que la clarté voire la blondeur, sont des choses communes finalement. C’est faux et des pays comme le Liban ou le Kosovo ont bien montrés que ce qui sous tend à la prospérité d’une société composée de communautés différentes, c’est la notion de guerre des berceaux, ce que nous appelons la démographie,  voire de guerre par le ventre, ce que nous appelons le métissage.

La trompeuse abondance de nourriture qui règne ici contraste avec ce que j’ai connu pendant  18 mois en Asie. En France, le moindre petit supermarché recèle de produits délicieux, de viandes, de desserts tous préparés-emballés, alors qu’en Asie trouver une boite de conserve de soupe à peu près mangeable c’était déjà une victoire. Là-bas il y avait très peu de choses bonnes à manger. Ici les magasins abondent de nourritures agréables, et il y a de grandes quantités d’invendus et ils sont donnés à des associations comme le secours populaire, la croix rouge etc… Ainsi nous évoluons dans une société qui ne connaît ni la faim ni même le risque d’avoir faim un jour, alors que comme partout nous sommes censés nous battre pour manger. Je pense que ceci ajouté à cela, ça sent le cramé.

Paris c’est l’inverse totale de Hongkong. HK repose sur des valeurs traditionnelles, Paris sur des valeurs bobo, HK est de droite  Paris est de gauche, HK recèle des filles qui m’aiment Paris est le triomphe des autres, les filles d’HK tombent amoureuses d’hommes parce qu’ils sont riches et hardworkers les filles de Paris récompensent les hommes riches et arrivistes, les filles de HK sont belles comme des filles blanches et douces comme des Asiates, les filles de Paris sont surévaluées. HK c’est l’horizon et les cargos qui s’en vont pour le lointain, Paris c’est la bouilloire étouffante ou l’on macère… Paris tombe en ruine, y a du bruit, des cochonneries par terre, des saletés sur les murs, des types avec des têtes dégueulasses qui te regardent pleins de haine… Paris est ruiné, y  a plus assez de place et on est trop nombreux, Paris est ultra-concurrentiel, très pauvre en filles, très pauvre en cette vitalité qu’ont les sociétés qui vont quelque part. C’est fini la civilisation…Et me voilà, été 2008, Paris, les jeunes filles blanches très provocantes avec du rouge sur les ongles et des leggings… il faut être recruté par elles, en nana y a que ça, c’est ça ou rien, c’est tout ce que nous avons monsieur… elles découvrent beaucoup de surface de leur peau blanche, le reste il est couvert mais bien moulant bien coloré… en fait elles sont plus belles habillées que à poil si ça se trouve, exactement le contraire des Asiates… Elles sont habillées bien faussement c’est tout bien standardisé, bien prescrit par leurs magazines. Bien provocantes aussi, faut bien énerver le monde, c’est « regarde moi, mais si tu me regardes ce n’est pas de ma faute », et elles ne risquent rien, la blancheur disparait, et les filles blanches qui ont tous pouvoirs et sécurités le savent, alors si tu veux en croquer tu vas marcher droit tu as intérêt, elles sont bien glaciales bien frustrantes, te faisant comprendre que leur blancheur ça coûte et ça vaut. Quel malheur que de vouloir goûter à ça et de ne pas y goûter. Quel malheur de ne pas être cool à Paris. Quel malheur d’être dans l’échec à Paris. Se débattre est inutile, on est dans un Tupolev dépressurisé, on est tricard, on est coincé c’est la dégueulasserie… Désirer à en crever des filles pour qui on est pas assez ceci, un peu trop cela, et voir les beaux sans efforts faire les hommes avec elles… Et les femmes laides à qui la solitude a donné un bon cœur eh bien elles sont toutes seules… Si elles étaient belles leurs cœurs s’endurciraient…

Et si ça m’est vital de me rafraîchir à la source claire d’une personne féminine, en tout cas ça ne me rapporte pas d’argent. Alors il faut bien travailler. Et chaque jour de travail est une victoire à la Pyrrhus, chaque jour me coute ce que j’ai de plus précieux : temps, énergie, gaieté, paix. Je ressasse et j’en veux au monde entier. A ces salopes de filles pour lesquelles il faut se battre comme des damnés. A cette putain de thune. A ces français blancs matérialistes et bien tolérants. A ces basanés de toutes sortes venus faire leur loi ici avec la plus grande lâcheté morale. A ces collègues de bureau arrivistes et retors. A cette populace du 3ème arrondissement qui est l’accomplissement le plus dégoûtant de la bourgeoisie. Aux gouvernants qui ont laissé leur peuple en pâture à l’immigration, vraiment en pâture. A la République. Aux médias. Aux francs-maçons. Aux pédés. Aux loosers. Aux gagneurs. Aux écrivains de merde. Aux enseignants. La façon dont les trois quarts des enseignants font leur travail ça mérite une fessée en public devant leurs élèves comme c’est arrivé vers 1900 à un prof de la Sorbonne qui parlait mal de Jeanne d’Arc. Quand on sait le néant vaguement gauchisant qu’ils enseignent à une jeunesse anéantie et vaguement gauchisée et que cela se répète et s’autoalimente  façon boule de neige qui dévale une pente... Nous enseigner les textes insipides de Desnos et Giono en littérature ! Nous abreuver de ce nul à chier « Mariage de Figaro » puis nous dire que voilà, c’est ça l’esprit français, mangez-en tous s’il vous plaît… Pas un seul texte de Céline, de Bernanos, de Proust, de Péguy, de Valéry, de Bloy, de Rimbaud… Les voila pourtant les auteurs qui ont vraiment recherchés la beauté. Au lieu de ça on nous cassait les couilles avec Zola, Maupassant, Ben Jelloun même une fois, et on était obligé de les lire ces trucs chez soi, il fallait éteindre la radio et se plonger dans le silence dépressif de ces auteurs… On nous tartinait de ce naturalisme dégueulasse, pas étonnant que les jeunes soient dégoutés de la littérature. Comment peut-on justifier de faire lire à des ados la Bête Humaine ? C’est obscène, prévisible, propice à angoisser le jeune ado qui s’était dit qu’il ferait un effort. Comme ça une bonne fois pour toute dans leur esprit y a d’un coté « le passé/la France/la dépression/le silence » et de l’autre coté « l’avenir/le métissage/le kif/le bruit ». Voilà bravo. Et en histoire ce n’était pas mieux. Vu que les natives française, la seule image de la France qu’elles ont eu en apprenant leurs leçons, c’est celles des défaites militaires humiliantes, d’un pays de retraités à bérets qui sentent le crottin en plus si elles ont grandis sans père bah c’est pas étonnant de les avoir un jour découvert avec des racailleux ou converties à ceci ou cela. Pourtant je voyais pas les choses comme ça étant petit. J’avais je me souviens la certitude qu’être adulte à Paris ne pouvait être que magnifique lorsque je voyais mes grands parents vivant depuis 40 ans avenue Mozart, entourés de livres, de Grèce antique, de meubles anciens et de souvenirs de pays lointains. J’ai commencé à me réveiller vers 2002 quand j’ai vu le reportage de Zone Interdite sur la jeunesse dorée de Paris. Pour la première fois l’élite de la thune de France avait un mode de vie complètement détaché du monde des idées. Pas de secrets jalousement gardés, pas de distinction, pas de savoir, seulement la thune. C’était « venez, venez entrez, venez voir comme nos parents ont de la thune ». Pourquoi c’est comme ça et pas autrement ? Pourquoi à chaque fois je n’y comprends rien ? Ca me manque tellement de ne pas avoir eu quelqu’un qui vers 16-17 ans m’aurait « expliqué la vie » : ne pas faire confiance aux gens, penser à soi, hausser les épaules aux discours enflammés, se dépêtrer des relations en souffrant le moins possible, savoir se vanter, ne pas culpabiliser, arriver à ses fins, gagner de l’argent, être content de soi, s’amuser, « rebondir » , se faire aimer … Se faire aimer lorsqu’on sort, alors que c’est pas prévu. Y a tellement de jolies filles quand même. Ce soir c’est vendredi soir, c’est la fête bien dégueulasse des gens qui veulent s’amuser, ils payent, ils payent pour ça, ils exigent de s’amuser… Les soirées… La concurrence des minets, sur lesquels les femmes se font affreusement dures, très loin de constituer un réconfort pour le travailleur imbécile qui croit au mérite de la sueur de son front… C’est le minet, le Louis Garrel qu’elles veulent, les lolitas aux gènes rares et aux cheveux brillants, et les minets ils ont déjà jouis dans tous leurs trous ça y est c’est consommé déviergé, c’est souillé c’est fini y a plus rien pour vous monsieur... Plus elles sont belles et aryennes avec des yeux bleus et des pommettes hautes, et plus elles sont arrogantes et méchantes. Le combat entre hommes semble s’orienter comme suit : « Moi je suis plus fort que toi car j’ai le privilège des si rares épisodes de gentillesse de cette meuf »…Me revient toute la méchanceté du monde, de l’extérieur…  Cette ambiance de l’extérieur elle s’insinue jusque chez moi… Lorsque je suis seul je pense à ce qui se trame dehors, à tous ceux que je ne suis pas, à tout ce que je rate et ça ne me laisse pas en paix… Etre un Romain Duris dans une soirée, avec plein de cheveux bruns et une mâchoire bien nette, qui a la certitude d’avoir les filles blanches, qui reçoit leur SMS… Enfin remarque j’ai été ça plus ou moins parfois… C’était pas si terrible. Quand tu en attrapes une souvent c’est la corvée, elles ne savent pas y faire, ça les dégoûte, elles acceptent mal le masculin qui fait irruption… elles essaient de participer alors, de prendre le dessus, de faire la salope active, celle qui aime ça…mais elles n’aiment pas ça…. Brassage de nuque, poses sur jouées vues dans des films simplets… c’est bien triste quand on y est, on a patienté et fait tant d’effort pour arriver là et on est tout seuls en fait, « c’est ça baiser ? » qu’on se dit… ah les vieilles baises de fin de soirées… C’est surtout pour le geste social… C’est comme l’enjeu réel dans les bagarres. Il faut être celui qui a niqué. C’est tout.  On est seul avec sa bite, prolongement peu glorieux de tous ces rêves purs d’enfant lorsque tu rêvais que Marion tu la sauvais de tel ou tel péril, et voilà que ce truc fripé honteux tu es censé l’unir à son truc à elle pas très réjouissant non plus il faut dire, pour que ce soit l’apothéose du cœur et du corps normalement. Et tu es là dans un lit étranger embarrassé d’une fille avec qui tu es censé « faire des trucs ». Une des plus grandes attaques de tristesse de ma vie elle a eu lieue dans un lit avec une fille que j’admirais. C’était il y a longtemps j’avais 18 ans. Après ça j’en ai mis du temps pour ne plus faire semblant. C’est l’Asie qui m’a sauvé. Je me souviens de Hong Kong… Le dimanche soir toute la petite ville-pays se préparait à nouveau pour la semaine de travail… On était fier d’être à Hong Kong, nulle part ailleurs la vie n’était aussi variée, nulle autre ville ne faisait autant de fric… En conservant le modèle d’administration coloniale les Chinois explosaient d’efficacité… les métros, les tramways, les bus les bateaux, les avions, tout était parfaitement bien fichu… se rendre d’un point à un autre était facile et ridiculement abordable… Y avait qu’à travailler et pas foutre la merde… On était massés, payés, embrassés, regardés, demandés, appelés… J’avais tellement peur que ça s’arrête que je mettais toute ma paie en épargne « au cas où », c’étais toujours l’assurance de rester quelque jours de plus dans ce paradis si je perdais mon travail… Les filles avaient le souci de se faire agréable pour leur homme, alors se battre comme un lion au travail, chaque journée, chaque minute, ça avait du sens… Tu pouvais pas la leur faire à l’envers, tu pouvais pas jouer au Louis Garrel, au minet, au lascif fainéant, on regardait d’abord ce que tu rapportais à la cité, Hong Kong c’était pas pour les branleurs… Les filles blanches elles l’avaient un peu mauvaise, les mecs ne les regardaient pas beaucoup… Les Anglais, les Boches, les Céfrans, à moins qu’ils soient mariés, ils avaient le choix entre 2 modèles de filles : les matrones de chez eux, ou alors les samaritaines de HK, les gentilles qui se demandent comment elles peuvent être le plus agréable à l’homme…

Ca construisait des tours de partout, les chantiers allaient à leur terme, et ça fonctionnait, c’était fait vite et bien, y avait des malls, des centres commerciaux touts blancs avec toutes les marques de luxe, toutes. A Hong Kong, 6 millions d’habitants, y avait 6 Louis Vuitton… Dans toute la France, 65 millions d’habitants,  il y avait 2 Louis Vuitton… Il y avait des steak houses, des restaurants chinois, japonais, thaïlandais, italiens, français, libanais, il y avait zéro racaille, la racaille elle va là ou c’est pas trop risqué, en France et ailleurs… Les quelques Noirs allez savoir ce qu’ils foutaient là, ils faisaient pas chier, pas comme à Saïgon.

Le modèle colonial, les Chinois, la bonne tyrannie, la mer, le travail, les expatriés… Hong Kong était l’endroit le plus romantique de la Terre… Les Blancs gauchistes là bas en Occident, en train de livrer leur patrimoine, on les enculait à sec chaque jour rien qu’en respirant, car notre système marchait mieux que le leur, nous on était libres et eux étaient esclaves, et c’est pour ça qu’on était partis… J’allais pas être un esclave moi, les Lumières, le gauchisme, les filles blanches méchantes je n’en voulais pas moi. Les filles blanches, c’est pour la fierté de se balader avec dans la rue, toutes les autres filles c’est pour tout le reste. Là-bas je pouvais faire le garçon méchant. J’obtenais tout ce que je voulais. Hongkong m’a lavé de mon ressentiment d’ado blanc complexé. Même les pimpantes avec leur french manucure et leurs robes de soirées je les ai eu, et j’ai dansé serré avec dans des clubs au 27ème étage d’une tour de Central avec vue sur la baie. Les filles je leur payais rien, elles me payaient tout, quand j’en voulais une je me servais, je l’emmenais dans une chambre j’en faisais ce que je voulais.

 C’était l’Asie, je découvrais ce que c’est que des filles vraiment agréables, vraiment filles, je m’étais juré de ne plus regarder une seule fille blanche. Plus une seule ? Y en a eu une. Anne qu’elle s’appelait, la fille d’un pasteur protestant. Comment j’aurai pu résister elle voulait tout le temps me voir, gentille comme tout, je lui raccrochais au nez quand elle me téléphonait, je n’allais pas à ses rendez-vous ou alors j’abrégeais, je lui disais de se taire, je lui parlais mal. Elle me regardait quand je regardais ailleurs et me disait « t’es beau quand tu souris Ostie c’que t’es beau quand tu souris ! » alors que c’est faux je suis laborieux et quelconque. Elle prenait ma main et la posait très haut sous sa jupe elle voulait que je reste avec elle un peu plus « Maa oui ? Tu t’en r’tournes chez vous ? » qu’elle disait, elle parlait comme les Français d’avant 1789 c’était ridicule, et puis c’est devenu tout à fait charmant en la connaissant. Une nuit on était tous les 2 dans un canapé sur le toit d’une tour face à la baie illuminée. Milliers de points jaunes et blancs, immenses néons publicitaires par dizaines par centaines, qui disaient « AIG », « Panasonic », « Bank Of China » et dans le fond au loin dans le noir, de l’autre coté du bras de mer, le continent, la Chine...  Les paquebots, les cargos passaient toute la nuit rien que pour nous, y avait personne rien que des machines, pas un bruit dans la forêt de tours et dans la vallée d’eau, et nous on était sur le toit du monde. On se parlait français pour être gentils, anglais pour s’engueuler, on était à Hongkong. Je réalisais que je n’aurais pas assez d’une vie pour rencontrer toute l’insoutenable beauté du monde. Elle avait grandi ici comme beaucoup de « westerners » elle avait connu le HK des Anglais, celui d’avant la rétrocession, lorsque les 747 se posaient au ras des flots entre les tours sur l’ancien aéroport, toute cette espèce d’Athènes de l’Asie pour elle c’était normal. Le soir des 10 ans de la rétrocession je l’ai trompé avec une Chinoise que je chassais depuis un moment et elle m’a attendue pour rien dans un bar ou on avait rendez-vous. Pour la première fois de ma vie j’avais plus peur des filles, de leur jugement. Elle me couvrait de bisous alors que j’avais rien demandé, elle mettait que des petites jupes de petite salope américaine. Quand je lui disais que je voulais me barrer elle me faisait un regard de fureur, un regard indigné exactement comme un chat surpris. Je l’appelais « le petit chat », elle regardait ailleurs, fière, « vas y regarde moi avec tes yeux bleus » que je lui disais  et je gagnais à chaque fois, j’étais plus fort qu’elle, elle voulait que j’aille dormir chez elle, je lui disais « non ». Et là, le chat indigné « Ostie comment ça « non » ?? Moi y a aucun garçon il me dit non ! ». Je l’aimais vraiment beaucoup.

23.04.2009

Le virage Boulogne

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C’est simple tu rentres dans ce truc comme dans un navire-amiral qui aurait déjà livré bataille contre trente Nelson bien avant que tu sois né. Tu sens que ce truc, le Parc des Princes il en a connu des gueulantes de quarante-cinq mille bonhommes qui crient le même couplet en même temps, il en a connu des bagarres, des gaz lacrymo, des moments de tension à faire fondre de chaleur les sièges en ferraille, des concerts de Johnny, des autocollants « France, Le Pen, Li-ber-té ! », des drapeaux Boulogne Boys et des tisons enflammés. On sent que c’est vieux, on sent que y a un passé de mille grands soirs déjà.

 

Autour, debout devant leurs sièges, accrochés comme toi à flanc de colline y a des milliers de jeune Caucasiens mais pas des faiblards comme aux infos, des « normaux » quoi. Des qui te feraient dire si t’étaient pas Blanc que les Blancs c’est pas tous des baltringues en fait, merde. Bon, et ça fume des joints de partout, ça empeste. Impossible de rentrer avec une bouteille de bière par contre tu peux fumer du shit tant que tu veux là dedans.

Et puis le match commence ça se met à chanter en même temps, ils connaissent des tas de chansons les types. Dans les chansons y a beaucoup le mot « Paris » qui revient. Là tu en prends pour ton grade du « Paris ». Et Paris-Paris-Paris et allez-Paris-allez-Paris et Paris St Germain ceci, et Paris St Germain cela… Ensuite y a une sorte de pogo ou tu attrapes tes voisins par les épaules et tu saute à pied joint d’un bord à l’autre du gradin. Ensuite éventuellement il y a un but pour Paris et là c’est comme si tout le stade était une seule et même personne parcourue d’un vomissement salvateur qu’on sent bien passer de l’estomac au menton « ouuuuuèèèèèèèèèèè » multiplié par 45000 types et moi y compris même si je m’en fous du match quelque part, c’est les jeux du cirque c’est le défouloir malsain, et merde à Jean-Luc Godard. C’est alors que venu de derrière, de plus haut dans les gradins, voilà des myriades de types qui déboulent, dégoulinent comme une vague de lâcher de barrage, te voilà entraîné aussi sur les autres devant en bas, toujours plus loin devant, en bas, et heureusement il y une loi physique, peut être une poussée d’Archimède, qui fait que personne ne tombe. Une fois par mi-temps y a un moment ou le virage Auteuil, celui  des blakblanbeurs et le virage  Boulogne en face, celui des Caucasiens, se répondent en mode c’est à bâbord c’est à tribord. Allez Paris, Boulogne est magique, allez paris, allez boulogne allez PSG. A raconter c’est nul ça fait sous-fifre enrôlé, mais à vivre c’est pas mal du tout.

Et ensuite « on » gagne on leur met 3-0 à ces bâtards avant la mi temps ou y a des ambiances de hot dogs au ketchup emballés dans des serviettes en papier (une feuille monsieur) sur fond de musique qui dit « in har-mony » et de publicité pour Cathay Pacific sur écran géant. Moi d’un regard j’embrasse tout le stade qui fait la pause et je me dis que putain si j’avais connu tel défouloir à 17 ans… Mais on est pas sérieux quand on a 17 ans. Et pour moi, pour toujours il n’y aura qu’un pas entre Rimbaud et le mode hooligan, entre l’Opéra Garnier et le Parc des Princes, entre Giselle et PSG, entre la France et la Kabylie. Ces deux aspects sont ensemble, pas séparés, parce que ces deux aspects c’est moi.

Et puis la 2ème partie reprend pareil après l’entracte et au coup de sifflet final le speaker gueule dans son micro que on a gagné et que ici c’est Paris ! ici c’est Paris ! ici c’est Paris ! Et je me prends à rêver d’ambiances de racailles caucasiens en mission à Aulnay-sous-Bois comme dans Bumfight, à choper des CPF les ligoter les enculer et gueuler sous les fenêtres ici c’est la France ! ici c’est la France ! ici c’est la France !

 

VIRAGE BOULOGNE

 

Enfoiré d'avoir dit ça

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Jeudi soir j'arrive chez moi

Je referme la porte derrière moi, enfin seul. Encore seul. J’ai traversé Paris plein de gens riants avec des bouclettes et des mèches au vent de début de soirée de premiers soirs d’été… Pour tant d’entre eux c’est sûrement le grand soir, ils s’en vont retrouver Mariline, Annabelle, Sylvana…

En bas du 90 je dis au revoir à mon père. Avant de monter dans sa Twingo il me dit quand même, désolé, que j’ai l’air de filer un bien mauvais coton et qu’il ne sait pas quoi dire. Je lui dis au revoir. J’ai les bras encore un peu fatigué du lit de la grand-mère qu’on vient de descendre. Elle a sans doute dormi dedans pendant 40 ans. Il nous a fallu cinq minutes pour descendre le machin par les escaliers et l’exposer sur le trottoir.

A pied je remonte l’avenue Mozart et je pleure la tête baissée, je ne veux pas qu’on me voie. Et c’est bien confortable en fait, il faudrait toujours que je fasse comme ça dans la rue. Tête baissée, complètement dans mon monde. Comme ça je ne verrai pas les jolies filles qui me font si mal, ni les bogoss qui me font si moche.

Enfin j’y arrive à pleurer. Je devrais pleurer tous les soirs depuis un an normalement mais ça ne vient presque jamais. Mon quotidien ici est un désastre, un ratage un gâchis continu. Je suis complètement à la remorque, je n’ai plus le choix il faut travailler, j’ai pris ce job, il faut continuer c’est tout. Perte de temps au travail, et zéro fille zéro rencontre zéro ami. C’est pas donné le 2500 euros par mois. Qu’est ce que je donnerai pas pour une fille. Même une pute n’importe. J’en suis là, y a pas de problème. C’est l’histoire de Lounès le bâtard qui rentre chez lui seul après sa journée de pseudo-trader boulevard Haussman et qui boit 2 litres de Heineken avant de passer à table. Façon de parler pour un plat de pâtes au thon bouffé à même la casserole en regardant pour rire un peu la dernière conférence de Kemi Seba sur dailymotion. Ensuite y a un vague film, si possible « de droite » genre un Scorcese. Et puis lecture d’une page au hasard d’un Céline ou d’un Rimbaud et puis écrasage dans le lit jusqu’au lendemain.

Moi je le sentais bien que ça puait de faire des études, de « bosser ». Tout ça pour ça. C’est pour ça que dés que j’en ai eu l’occasion je me suis accroché à l’étranger de toutes mes forces comme un réfugié politique raté. A Hong Kong c’était cool. Petit salaire mais grandes rencontres, grands paysages, grands espoirs… Je m’y suis accroché à ça putain… Presque 2 ans à bosser là bas et ils voulaient toujours pas le lâcher leur putain de visa de travail. Je faisais les allers-retours à Macao toutes les 7 semaines, re-tamponnage de passeport et re-pénard pour un moment… Et puis il a fallu dégager. Je me souvient dans le bus de l’aéroport, quand il s’est engouffré dans le tunnel qui rattache l’île de Hong Kong et l’île de l’aéroport j’ai eu ce flash, un instantané de vérité, de coercition immanente par delà bien et mal : ça ne se représenterait plus jamais.

18 mois que je ressasse ça. A la faveur d’un jour de travail plus difficile que les autres, au hasard d’un de ces crachas à la gueule que sont les « non » des acheteurs, les haussements d’épaules des collègues et le port altier des rares jolies filles qui composent mon univers, au hasard de ces aléas je peux le soir me retrouver dans cet état indescriptible mêlé de douleur de frustration de bouillonnement et d’épuisement.

Toutes ces fois ou j’ai été sauvé de la solitude, adolescent. Il s’en est fallu d’un rien. Par exemple si ce soir là précisément je ne l’avais pas croisée en sortant de l’Eglise jamais je n’aurai baisé comme ça avec une fille, ce petit souvenir qui me tient quand même un peu chaud jusqu’à aujourd’hui. Si cette année là tel ami avais quitté Grenoble comme il aurait dû, me laissant en plan, jamais je n’aurai fait avec lui toutes ces fêtes de rues bordéliques avec des 8-6, des Maximator et des filles rencontrées vite et qu’on aime comme des Rimbaud ratés qui s’ignorent.

Comme la France sauvée à chaque fois in extremis par l’homme providentiel, Lounès était sauvé in extremis par le hasard. Quand ça a été Hong Kong ça a été trop, je me suis dit « mec c’est pas le hasard c’est pas possible c’est la Grâce. Je me préparais à une vie de merde en France de mec complètement pommé et voilà que m’arrivent dans les mains toutes les clés du bonheur, cet endroit est un concentré de tout ce que j’ai toujours aimé et pourtant j’y suis arrivé totalement par hasard, donc ce n’est pas un hasard c’est une Grâce de D. ».

Comment encore accepter de se livrer aux aléas, au hasard, après avoir cru connaître la Grâce ? Piégé dans le mysticisme gluant de celui qui croit avoir « compris la vie », enfermé malgré soi dans des certitudes qui ne font pas le poids face au réel, que valent les diatribes de Léon Bloy, toutes incantatoires soient-elles, face au triomphe obscène, indiscutable, chaque jour recommencé, des « adaptés » de ce monde ?

14.04.2009

La dynamique

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On peut aisément imaginer le Paris de demain.

 

Encore plus cher, encore plus petit, encore plus peuplé, encore plus sale et en travaux.

 

Les mêmes erreurs toujours refaites parce que les gens n’auront pas le temps « d’en avoir marre », Paris on y tient 1 an ou 2 à tout casser, ensuite on en peut plus on va se foutre en banlieue pavillonnaire si on a "réussit".

 

On peut aisément imaginer encore plus de noirédarabes et encore moins de Blancs, ces derniers juste bons à regarder leurs alter-égales enlacer les vainqueurs et combien de leurs semblables pédés ou dépressifs. Tous les soirs des bagarres « de bandes » au cours desquelles les éventuels participants blancs risquent d’être fort déçus de la loyauté de ceux qu’ils croyaient être leurs frères. (Tu as vu ou au passage, que ton frère avait le droit de convoiter ta femme camarade whigger ?)

On peut aisément imaginer encore plus de journaux gratuits avec tous les jours, de nouvelles idées de première page qui attise bien les sentiments bas, avec toujours le souci de ne jamais choquer : « Racisme dans les stades, jusqu’ou ? », « Ce que nous cache le Vatican », « Houssiba Boulmerka, une femme d’honneur », « Aurélie Dupont : mon mariage avec Bonoba », « Meurtre de Julien : les CRS savaient ? »…

On peut aisément imaginer encore plus de loisirs et de Paris-plage, de grossièreté, de Paris encore bourré de traces de chewing-gums, de crachats, de mégots et de merde, les rues encore plus lourdes de pression interraciale, de regard dur pour les Blancs et de Blanches douces pour les méchants, et tout en haut une Ségolène harpie triomphante toutes serres castratrices dehors ou un Obama français et sa femme blanche « je suis pas raciste la preuve je viens chez toi baiser ta femme » repousser d’un revers de main les derniers humbles cathos imbéciles et bons puis lever les bras pour donner le signal de l’avancée générale comme un Wellington de triomphe lâche dans un Waterloo de France « pays ou les Blanches deviennent couleur » et ce serait le slogan publicitaire mondial de TourismenFrance sponsorisé Unesco et Blakanal-coconut une marque de boisson à la banane qui aurait dépassé Coca-Cola… comme excuse ? Eh bien : «La France c’est 100 millions d’habitants. Les 4 millions de Blancs détiennent à eux seuls 70% de la richesse nationale et la conserve avec égoïsme. Je n’excuse pas ceux qui s’est passé mais j’essaie d’expliquer » dit le sociologue, celui qui connaît la société.

On peut aisément imaginer tout cela. Il suffit de prendre un journal d’il y a 30 ans, un autre d’il y a 10 ans, de lire un peu ici et là Exégèse des lieux communs, les soirées de St Pétersbourg, Mort à crédit, puis de prendre un journal d’aujourd’hui même et de se figurer la ligne de fuite, la dynamique.

"Je pisse sur les fils de Crao" signé Iam

Ce que les rappeurs de Iam à leurs successeurs ne comprennent pas, peut être ne comprendront jamais, a cause de leur manque de générosité, c’est que le racisme, l’ostracisme pour lequel ils ont tant pleurés ils nous l’ont fait payé à nous, nous qui étions d’accord avec eux, nous qui voulions tout recommencer de zéro avec eux. Il était si facile d’accuser les Blancs à travers la police soit disant, et ils l’ont fait, et ils ont tout fait foirer.

 

(Le fils de Crao le sage c'est Rahan le blond)

Là bas c'est naturel


http://www.dailymotion.com/Lounesdarboisbeaumont/video/15085542
Ca se passe sur le terre-plein central entre les voitures qui circulent lentement sur le boulevard. 15 Arabes et Noirs contre 15 arabes et Noirs, ils se tapent ils reculent, ils tournent autour, se font oublier, reviennent par derriere, coups dans le dos, balayette… Y a un type qui reste sur le carreau, ses potes se debinent, et lui seul a terre se fait massacrer… Par en haut, sur les cotés, des coups de pieds qui cherchent la tete, l’estomac… Il se fait bien massacrer, puis jeter comme au moyen-age dans les buissons en contrebas… Il roule comme une pierre, il ne bouge plus… « Oh venez ramasser votre pote bande de fils de pute » que gueule un des Arabes encapuché depuis le terre-plein… Les potes du pote en question regardent sans bouger le spectacle depuis le trottoir en face, non ils ne viennent pas ramasser qui que ce soit… 10 secondes, et le type émerge des buissons, la gueule en sang comme aux informations… Je vois son visage, c’est un Blanc, un babtou, un gouère comme ils disent… C’est le seul Blanc de la baston de 30 personnes… C’est celui qui a été le plus à la pointe, seul face a 10 il s’est esseulé dans la baston, alors que les autres s’assuraient d’etre couverts par 4 ou 5 bras amis pour esquisser un petit coup… Il s’est fait massacré le blanc. Il remonte vers le terre-plein, seul face aux horribles types en capuche, il titube, y a un sentiment d’indécision qui plane, un sentiment affreux…Qu’est ce qu’il fait à retourner les voir il va se faire massacrer… Il gueule un truc à la cantonnade du genre « bande de fils de pute de laches » il s’approche d’un arabe qui alors a un mouvement de recul, seul face au Blanc défiguré… Mais l’arabe reprend son courage car 4 de ses potes frappent en meme temps… aussitôt le type s’écroule à nouveau par terre, roué de coups encore une fois, ses potes ne bougent toujours pas, ses potes arabes et noirs. Une voiture de police passe à ce moment la, et 2 policiers sortent, les massacreurs se debinent, c’est fini, y aura pas d’arrestation, pas de preuves, pas de coupable puni… La justice, la presse, les associations… Ils ne feront pas de vague, ça arrive tous les soirs depuis 30 ans ces plans là… Mais non monsieur vous savez bien que tout va bien sur le sol de France et que les Blancs y sont majoritaires et privilégiés… Le type la gueule complètement en sang marche plutôt bien malgré ce qu’il vient de subir, il a pas le nez cassé, miracle. Il dit a un grand arabe de ses potes qu’il retrouve sur le trottoir « tu m’as pas aidé t’es pas venu » et le grand arabe pas essouflé pas en sang lui, en pleine forme il fait l’enervé alors, il fait celui à qui faut pas manquer de respect « ah ouais ? Bah va t’faire niquer fils de pute chui pas venu ! Chui pas venu ? J’etais la jme suis battu pour toi »… Il a pas bougé il était sur le trottoir a coté de moi il regardait… Et le Blanc dit une vague excuse pour ce manque de respect, et puis il s’en va hébété, là bas sur le boulevard scintillant de néons, avec ses potes noirs et arabes en groupe sur le trottoir…

03.04.2009

La Perle

laperletof.jpg

 La Perle c’est un bar à Paris, bourré de monde en soirée, rien que des jeunes al’Hammod’. C'est the place al'hammod et c'est juste à côté de chez moi donc je n'y ai pas coupé.
Comment décrire ce truc? Voilà: Sur un site web qui juge les meilleurs bars de Paris y a quelqu'un qui a mis le commentaire suivant "C'est simple lorsqu'on demande un verre aux serveuses elles nous regardent comme si on était leur ennemi". A
vant d’habiter à Paris j’avais lu Dantec. Les TdO. Et je comprenais pas pourquoi il s’acharnait comme ça sur les « artistes new age » et tout. Je me disais que ça n’existe pas, que c’est un défouloir qu’il a inventé. Bah si à la perle ça existe. Franchement faut le voir. C’est la réalisation devant toi des pages de Soral ("les nouvelles bourgeoisies du tertiaire") et Dantec ("les étrons multicolores issus de la non-pensée bourgeoise post-68") pour une fois réunis malgré eux. La Perle c’est le triomphe de American Apparel et de Vice Magazine, les mots me manquent. Une fois un de mes amis était trop ivre et, lassé de devoir attendre son verre au comptoir il a agrippé une serveuse par dessus le comptoir et lui a gueulé comme un perdu "Ecoutez!... On est pas vos ENNEMIS!... D'accord??!..."

Disons que ça donne envie de passer en moto, de ralentir et de jeter en passant sur la foule une capote remplie d’encre noire ficelée à un pétard « Bison 5 » et de crier un truc mystique genre « Voilà votre tribut suppôts du diâble!» et là de mettre les gaz en roue arrière en gueulant un truc de racaille tout juste acquitté du tribunal « AYA SA MEEEEèèèère… » comme une traînée de poudre vocale de petit poucet de droite.

Alors qu’est ce qu’on fout les miens et moi dans ce bar ? Eh bien c’est à côté et on a rien trouvé de plus socialisant. On considère ce lieu comme une occasion de rencontre brutale avec le réel qui nous renforce en tant que combattant nietzschéens yuppies du tertiaire dont le cœur balance entre les films « Wall Streets » et « Seul Contre Tous ». Des fois y a des gens sympas. Des anglaises de Manchester qui croient encore au Paris de Marcel Proust. Les pauvres. Y a plus Marcel Proust, sweetheart (pas Monica), y a plus que Thomas N’Gigeol et Laurent Ruquier désolé. Avec elle on parle de notre jeunesse, des stage linguistiques à Newcastle-Upon-Tyne, à Stoke-On-Trent, à Hereford… Ca les fait marrer… Je leur sors des phrases de This is England : « So I suggest you to take Tweedledum… and Tweedledee… and fuck off all…If I see you on my strrrrreets again… I’ll slash you…” (c’est pile à 1h00 de film) Ca les fait marrer aussi… Avec  l’accent du North-East England et tout. Ensuite elles rentrent chez elles dans un 2 pièces rue Vieille-Du-Temple et nous disent de ramener du vin si on veut rentrer aussi mais tout est fermé il est 2 heure du matin. Alors on se fait claquer la porte au nez. On attend un peu dans le noir et on pisse sur leur paillasson et il absorbe entièrement nos pisses de 3 pintes chacune. Et alors on rentre chez nous et on s’endort.

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